lundi 9 novembre 2015

Alternate universe

Ce matin, drette en m'levant, je savais que je n'étais pas totalement moi-même. Ou bien mon monde n'était pas tout à fait le mien. Subtilement. Comme dans la matrice, à une fraction de seconde après la réalité. Comme dans Fringe, à mon travail dans l'autre univers.

Si on est pas attentif, tout semble normal à part qu'on est légèrement à côté d'ses pompes.
On s'accroche les épaules dans les cadres de portes qu'on contourne aisément depuis 6 ans, 320 jours par année, 8h par jour. Le couteau plein de beurre heurte le côté du panier à pain qui n'a pourtant pas bougé depuis 3 ans, en s'étampant bien sur notre manche. Les deux sachets de sucre parfaitement bien mesurés en usine ne comblent plus la même quantité de café dans la même tasse. Nos souliers-pantoufles avec notre meilleure paire de bas nous éraflent soudainement le petite orteil. Le 23 degrés confortable de la demeure nous semble glacial. On se surprends à presque toucher sa main, comme si un petit doigt supplémentaire nous piquait. Notre alphabet nous  demande quelques instants de réflexion de plus, comme s'il était différent. Les discussions banales sont tout à coup émotives...

Ce qui est bien, c'est que je sais que demain matin, ça n'aura été qu'un tour de passe passe et je serai à nouveau dans mon monde chéri, mon univers.