mardi 30 juin 2015

Qui se cache derrière tout ça?

D'aussi loin que je me souvienne, quand je m'entraînais avec détermination, j'avais l'énergie de la rage. La grimace au visage, les yeux plissés et le cou plein de veines, je performais.

La force que je sentais en moi était là pour faire sortir le méchant. Elle me permettait de me dépasser plus que je ne m'en croyais capable. Elle était là pour me motiver à faire cet entraînement débile aussi souvent que nécessaire, c'est à dire presque chaque jour, comme un coach qui te crie dans les oreilles "go go go! t'es encore capable! fais pas ta mauviette, continue!" avec sa face toute aussi crispée et ses postillons. C'était légèrement extrême mais je ne sentais l'exercice efficace que si c'était comme ça.

La rage a disparue de ma vie depuis un moment et vous m'en voyez bien heureuse. Je suis convaincue que la rage (et tout autre sentiment négatif) n'apporte rien de bénéfique à l'être humain, même déguisée sous un charmant costume de motivation.



Tout de la vie est un mouvement de balancier. On passe d'une extrême à l'autre jusqu'à ce qu'on trouve son milieu, son propre déséquilibre acceptable. Et je n'ai pas trouvé le mien encore. Je sens que j'ai tellement besoin de me cajoler, me dorloter, ne pas trop forcer. J'ai encore l'impression que je dois me porter beaucoup beaucoup d'amour pour compenser pour autant d'années d'ignorance émotionnelle envers moi-même. Un amour réconfortant, doux, tranquille, comme le fait une maman à son nourrisson.

Je me bouscule parfois en allant jogger ou en faisant un autre entraînement. Tout en étant consciente que ça fait du bien à mon corps et à mon esprit, je sens que ça perturbe mon balancier, ça dérange quelque chose. Alors je prends mon temps, en allant voir de temps à autre si la bousculade devient une accolade.

À 40 ans, ce que je comprends de plus en plus, c'est que tout mon être est merveilleusement bien ordonné et que je n'ai qu'à écouter attentivement mon cœur pour être en harmonie avec lui. Lutter contre soi ne fait qu'augmenter l'inconfort. Constater ces faits et les accepter me porte à simplement remercier d'être là et profiter du moment qui m'est offert, soit, celui de prendre soins de moi.




mardi 23 juin 2015

Zombieland

En ouvrant la télé tantôt, je tombe sur un garçon de 10 ans brûlé par le soleil après une sortie à l'école, interviewé pour les nouvelles de 18h : "Je ne savais pas qu'il fallait mettre de la crème solaire!". L'école dit que les parents avaient été avisés qu'il était de la responsabilité de chaque élève de veiller à mettre sa crème solaire et qu'il était recommandé de porter un chandail durant cette activité.

Et ce garçon de 10 ans dit : "Je ne savais pas qu'il fallait mettre de la crème solaire!"

Putain. J'en reviens pas. Vers où on s'en va, là?

J'en conviens, à 10 ans, tu ne peux pas être autonome au point de te trimbaler tout seul à travers la ville (quoi que c'est encore drôle) ou vivre tout seul (et ça aussi, encore drôle), mais être à ce point déresponsabilisé?? Qu'apprend-t-on à nos jeunes? De toujours compter sur quelqu'un d'autre, parce que s'il y a faute, ce ne sera pas la sienne?

D'un sens, nos jeunes apprennent par ce qu'ils voient, par ce qu'ils ressentent. Et ça, ça me fait peur.

L'ère des zombies n'est pas très loin...

samedi 6 juin 2015

Le trône est un endroit de grands penseurs

Je suis généralement heureuse. Réellement. Évidemment, parfois je feel moche mais en général, j'aime ma vie et j'en apprécie tous les aspects.

Mais ces derniers temps, je suis ensevelie, je croule sous le travail. Ok, cette portion n'est pas nouvelle, j'ai toujours beaucoup travaillé. Mais là, je me sens envahie par cette partie de ma vie que j'ai voulu changer il y a plus de 5 ans pour avoir enfin un équilibre. Mais il n'en est rien. Bien évidemment. Parce le travail est pour moi un exutoire de première classe pour une situation que je ne veux pas voir.

Les 5 étapes simples d'évitement :
  1. Quelque chose me tourmente;
  2. je sais bien ce que c'est mais je veux me faire à croire que ça ne me tourmente pas;
  3. je me laisse envahir par le "trop de travail";
  4. je suis insatisfaite du "trop de travail";
  5. j'ai maintenant une raison "valable" d'être insatisfaite et de m'en plaindre.
Le fait est que maintenant, ça ne dure pas longtemps. Parce que je me connais bien. Aussi sournoise que je puis être avec moi-même, je ne peux plus m'en passer des p'tites vites.

Le tourment : aller vivre avec mon amoureux. Éventuellement. Un jour.

On en a parlé et tous les deux, on a hâte mais on est pas prêts. Rien ne presse puisqu'on a chacun notre demeure, autonomes financièrement et autrement, on accueil l'autre chez soi pour le week-end et ne profitons que des bons moments.

Soit.

La semaine, il me manque. Je lui manque. J'aimerais partager mon souper à la sauvette un mardi soir avant mon cour, avec lui et non avec Alexandre Barrette et son panel endiablé. J'aimerais me faire réveiller par un baiser et un "passe une belle journée mon sunshine", à 5h du matin quand il part travailler, même si je me lève une heure plus tard. Tout ça, je le désire ardemment.

Une fois que je l'aurai, est-ce que je souhaiterai avoir la paix 5 matins sur 7? Souhaiterai-je l'aliénante émission de télé qui ne s'adresse pas à moi pendant que j'avale 3 bouchées protéinées rapidement avant mon entraînement? Est-ce que je me réfugierai dans mon bureau pour travailler parce que la présence de l'autre me devient insupportable? Comme dans toutes mes relations précédentes? La peur. Voilà mon tourment. L'anticipation. Ça gruge. J'ai juste peur de me planter, de lui faire mal, de me faire mal.

Pourtant, tout cela n'est pas arrivé. Et n'arrivera pas. Parce mon amoureux n'est en aucun cas comme mes relations précédentes. Moi non plus d'ailleurs, je ne le suis plus.

Jeudi (je ne vous dis pas à quel moment), j'ai réalisé ça. En fait, je savais déjà tout ça, mais je l'ai conscientisé mettons : "hey ma belle Josie, penses-tu que tu es en train de t'auto-saboter encore? oui hein. Réveille-toi ma poulette. Je suis là, ça va bien aller" que ma conscience m'a dit.

Bien sûr que je lui là pour moi. Je n'ai qu'à l'accepter et m'accueillir. Et avec toute la classe qu'on peut avoir, assise sur le trône, j'ai pleuré de soulagement. Je dois avouer qu'à cet instant, j'ai apprécié habiter seule ;)