samedi, juin 27, 2009

Se repentir?

Ma mère m'en fait vivre de toutes les couleurs ces temps-ci. De par sa maladie. Mais aussi volontairement, elle me fait beaucoup cheminer. Et ce n'est vraiment pas facile.

Vous vous souvenez de "Crotté"? Celui qui a passé 15 ans de ma jeune vie avec ma mère, le père de mes deux frères? Celui pour qui j'entretiens de la haine et de la pitié hautaine depuis mon enfance. Celui qui a certainement fait tout son possible avec les pauvres moyens bipolaires qu'il avait.

Il y a 17 ans, ma mère l'a foutu à la porte, avec de bonnes raisons. Il fumait tellement de pot, continuellement, sans parler de la cigarette roulée à main. Je ne parlerai pas de toutes les raisons mais c'était définitivement un bon move. Il n'a jamais plus vraiment travaillé (légalement en tout cas) et personne ne voulait vraiment le voir, incluant ses fils (trouvant leurs rares visites interminables). Il était même tenu à l'écart par sa propre famille (frères et soeur) qui le trouvaient dérangé et dérangeant.

Il a refait surface depuis un certain temps, avant même de savoir ce qui arrivait à ma mère. Parfois, il soupait chez ma mère, elle l'invitait. Parfois, il se pointait aux concerts de mon frère ou même venait à la cabane à sucre avec nous. J'étais polie, sans plus.
Récemment, ma mère m'a parlé de son testament, ce qu'elle désirait faire avec la maison que Crotté a construit, il y a très longtemps, presque de bout en bout. Elle désire qu'il puisse l'habiter pour l'entretenir, cette merveilleuse demeure. Mes frères ou moi ne pouvons pas aller habiter là-bas; trop loin, trop de travail, trop compliqué à entretenir, je suis d'accord. Mais lui? Oui, c'est intelligent mais je ne suis pas d'accord, je le déteste.

Ma mère me soulève des points et me fait réfléchir. Mettre de côté des différents d'adolescente amènera à une certaine paix. Crotté a beaucoup cheminé; il a arrêté de fumer totalement, il prend ses pilules de bipo à tous les jours et regrette amèrement tout ce qui s'est produit. Il a pleuré et se rend bien compte qu'il ne peut pas rattraper le temps perdu, avec ma mère, ses fils et moi. Il est de retour à la case départ mais tout le monde a avancé sauf lui. Pathétique constat d'un détour de vie.

L'autre soir, pour la fête à ma mère, il était là, chez moi, parce que ma mère le désirait. Je lui ai laissé sa chance. J'ai jasé avec lui. Il a appris à me connaitre en regardant mon environnement, m'écoutait parlé de mes jobs, de la moto. Il avait un regard tellement fier et admiratif, c'en était déroutant. Plus tard dans la soirée, il nous a amené voir le spectacle d'un ami, il a tout payé, même le repas après. C'était somme toute, une soirée très agréable. Je l'ai remercié pour cette soirée et je lui ai dit que c'était agréable. Je n'avais jamais vu autant de gratitude dans les yeux d'un homme, il était tellement heureux de pouvoir enfin "faire un petit quelque chose pour nous"... Mais est-ce possible de se repentir pour vrai?

Je ne sais plus si je le déteste autant pour ce qu'il a fait ou pas fait quand j'étais jeune. Je ne sais plus si je voulais lui faire porter tous mes comportements malsains, que finalement, j'aurais pu régler ou du moins travailler sans jeter le blâme sur quelqu'un d'autre. Je ne sais plus si j'ai joué à la grande victime pour éviter de prendre sur moi ou si j'ai été réellement marquée/traumatisée.

Ce que je sais par contre, c'est que tous ces événements me brassent la cage, m'obligent à faire face à cette situation. Que je le veuille ou non, je dois cheminer en ce sens. Aussi bien le faire avec de la bonne volonté...
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1 commentaires:

Anonyme a dit…

wow,c'est tellement beau, j'en ai des larmes aux yeux..Il faut pardonner, on se sent tellement mieux par la suite..et il faut laisser la chance aux 'Crottés' de se reprendre, d'évoluer!
Bon été Jo et prends soins de tes bobos..
Pascale xxx