vendredi 10 avril 2009

Le suicide...


Été 2007, je suis en train de rouler pour la Fondation du cancer du sein du Québec. 2000 km en 24 heures sur ma moto, accompagnée de ma meilleure amie Bi. Elle est devant moi. On roule depuis 10 heures au moins et nous sommes sur un chemin bien droit avec des viaducs qui traverse la route. Des blocs de béton qui arrêteraient bien une moto et sa passagère d'un bon coup sec, sans souffrance.

Car la souffrance, elle habite mon coeur et ma tête. Et ce n'est pas la première fois que des pensées comme ça me traversent l'esprit. Cette fois, je suis à deux doigts de le faire. Mais la chienne me pogne; et si je me ratais? Et ensuite, la raison me revient, doucement; ma meilleure amie qui a déjà vécu plus d'un drame n'a sûrement pas envie de vivre ça. Mes parents. Ceux et celles que j'aime qui ne comprendraient jamais pourquoi...

À 16 ans, une fois, j'étais seule dans la maison. Ça n'arrivait presque jamais, la solitude. J'en ai profité. Allongée sur le divan dans l'entrée de la maison. La pointe du couteau sur le sternum, les mains qui le maintenaient sans forcer. Les larmes coulaient de chaque côté de mon visage crispé. Je voulais tellement en finir avec cette vie malsaine. Et la chienne m'a pognée; et si je me ratais? Y'en aurait au moins un qui aurait une autre belle munition pour rire de moi et m'empoisonner le quotidien. Même si personne ne m'aime, je leur montrerai que je suis quelqu'un. Je leur montrerai qu'un humain est plus fort que ça, que je peux surmonter leurs paroles et gestes blessants.

Encore aujourd'hui, parfois, j'ai ce sentiment bizarre qui vient me chercher, qui m'appelle d'une voix douce et prometteuse. Ça me trouble, me renverse.

Mais je me compte parmi les humains chanceux qui n'ont pas le "guts" de passer aux actes. Vivre est parfois bien difficile. Mais il n'en retourne que de notre perception des évènements pour faire changer le vent.
La vie est belle, oui.

Je ne sais pas si on a qu'une vie à vivre. Je ne sais pas ce qu'il y a après. Mais chose certaine, je vaux mieux qu'une action irréversible finale. Je veux continuer de profiter de mes joies, mes peines, mes bons et mauvais coups. Je veux continuer d'évoluer et tenter de faire le bien autour de moi.

Cette "détresse", je la berce et lui dit que tout ira bien...
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5 commentaires:

Anonyme a dit...

Hey Jo!!

Tu n'as aucune raison d'y penser, tu es belle, bonne, tu as un amoureux que tu aimes et qui t'aime, tu as plein de bons amis. Tu es importante pour moi, tu sais!!

Mais je peux tout de même comprendre. Quand tout va mal, on se cherche une porte de sortie, et des avenues, il y en a une panoplie et ce, beaucoup plus intéressantes

Grosses bises xxx

Billy

Josie a dit...

T'inquiète pas, sweet billy :)

C'était plus pour en parler qu'un état d'esprit actuel.

Carolyne a dit...

Whoa... Je sais pas quoi dire Bella! La vie, ses demandes et les demandes inscessantes des gens peuvent être très lourd sur nos épaules et oui, quelques fois on veut s'en sortir par la porte de sortie la plus rapide!

;) Mais comme Billy dit: T'es forte, t'es Belle, t'es Bonne, t'es Fine et t'es Capable (Veux-tu que je continue?).

Tu as trouvé l'amour de ta vie, il t'aime autant, vous avez des plans de vie (même si d'en fois les siens sont des plans fous lol) et tu as des amis qui t'aiment et t'adorent!

Gros câlins Bella! :) xxx

Nanou La Terre a dit...

Chère Josie,

comme c'est étrange votre sujet du jour...Je vous invite à aller lire mes derniers billets et ceux libellés "Luc".
La vie est difficile mais en vaut la peine n'est-ce pas?

Tendresses

Bi a dit...

Ouaaaa... Tu m'as déjà raconté tout ça Jo, mais ça me trouble toujours autant de le relire aujourd'hui.

Je suis contente que tu aies pris la décision de ne rien faire ce soir là, oui un peu pour moi, mais d'abord et avant tout pour toi. Parce que le bonheur t'attend toujours, même dans les moments où tu t'y attends le moins, et même dans ces moments les plus sombres, la solution attend patiemment quelque part le moment propice pour se pointer.

La vie vaut la peine d'être vécue jusqu'au bout et quand on y croit et on en a confiance, elle finit toujours par s'arranger pour le mieux.

Et ça, c'est toi même qui me l'a appris, un certain soir où d'une seconde à l'autre, ma vie a soudainement perdu tout son sens. Et je serai toujours là pour te le rappeler aussi, n'importe où, n'importe quand.

Je t'aime Jo! :-)